Ecrire prend du temps
Vouloir aller vite ou ralentir le rythme, c'est le thème de cette deuxième newsletter.
“Mission - Publiée en 2026” est une série de newsletters dans laquelle je vais documenter mon parcours avec Seule la lumière. Avec ces lettres, je vous invite à suivre le chemin de cette histoire, étape par étape, semaine après semaine, jusqu’à la publication. La première (sur l’origine de ce roman) est par ici ✨ Je compte bien mener cette histoire, au-delà de mon écran d’ordinateur, jusqu’en librairie. Jusqu’aux mains d’autres personnes queer qui doutent et se questionnent. Pour leur dire que c’est OK.
Mardi dernier, le 9 septembre, j’ai commencé la réécriture de Seule la lumière.
Dire que je n’appréhendais pas le moment serait mentir. Il y avait une espèce de bouillonnement dans mon ventre, une sensation d’urgence et de retenue.
Une légère peur de ne pas y arriver ? J’y ai pensé. Une petite voix dans ma tête me chuchote que cette réécriture sera une étape déterminante pour la suite, que je ne dois pas me louper, que je dois prendre le temps nécessaire.
Durant la phase “concours” de Seule la lumière, j’ai imaginé, écrit, relu et réécrit mon roman en à peine cinq mois (je vais d’ailleurs revenir sur ça dans cette newsletter ). Cinq mois, c’est si peu pour une autrice qui aime se poser et ralentir le rythme. Je ne fais la course avec personne. Je n’ai pas non plus l’âme d’une compétitrice et me fixer des objectifs est souvent plus “pour dire de” que pour m’obliger à avancer. Les dates butoirs me donnent un cap mais jamais de coup de fouet.
Aussi, je n’ai pas de méthode d’écriture particulière. Autant lors de la rédaction de mon premier roman que de celui-ci, j’ai du mettre en pause des périodes d’écriture (ou de réécriture), pour brainstormer et reposer les bases. Et je ne vois pas ça comme une perte de temps, au contraire. J’ai fait avec mes connaissances de l’époque. J’en acquiers de nouvelles et mon processus créatif se précise. Tout est une question de moments et d’instants. Je ne retourne jamais en arrière et vais toujours de l’avant, voilà mon mantra 🫰🏻
Cette réflexion m’est venue alors que j’étais en train de réécrire la fin de mon chapitre 1. Déjà au cinquième jour de travail (au lieu de deux), j’ai réalisé qu’il me faudrait bien plus que deux mois pour réécrire SLL dans sa totalité. Et à part pour satisfaire mon propre égo, réussir à boucler la réécriture en deux mois ne servira pas à grand chose. Si c’est pour bâcler, je ne préfère même pas y penser. Du moment qu’à la fin du processus, j’ai un roman qui me plaît +++, alors, je serais ravie !
Cette longue introduction est nécessaire pour embrayer sur les différentes phases parcourues par SLL avant de dresser un bilan rapide sur la première semaine de réécriture.
Bonne lecture !
Etape 2 - Inondation de mots et d’émotions
Si l’annonce du concours Nos Futurs a été faite le 16 septembre 2024, je ne me suis penchée sur mon projet qu’à partir du 19 octobre. La date de rendu étant fixée au 16 mars, il ne me restait déjà que cinq mois pour brainstormer, écrire le jet 0 et le premier jet mais aussi pour le relire et le réécrire. Chaque jour était compté. Chaque jour devait être un pas de plus fait pour réussir à soumettre mon roman au concours.
- Octobre & Novembre 2024 -
Consacrés à l’une de mes étapes préférées, un mois et quatre jours ont été nécessaires pour brainstormé l’histoire que j’allais raconter. Même si la relecture de mes journaux intimes m’a apporté quelques idées de scènes et de temporalité, j’ai surtout utilisé les cours gratuits proposés par Margot Dessenne sur l’Académie des Mots Raturés : L’anatomie du scénario - la prémice, Les 7 étapes clés de la structure narrative, Créer ses personnages, pour assembler le squelette de mon histoire.
A l’écrit dans mon carnet et sur Miro, les notes se sont accumulées, les idées et les questionnements aussi. Mon objectif était surtout de trouver le bon point de départ, ma galerie de personnages, les besoins et les morales de Luz, ma personnage principale. Il fallait une structure au récit que je me racontais depuis des années.
Même si l’envie d’écrire bouillonnait déjà et que le compteur continuait de s’écouler, j’ai pris le temps de réfléchir. J’ai d’abord accumulé les options avant de les trier et de les ordonner. Une fois que les grandes lignes étaient fixées, j’ai ouvert un nouveau document sur Scrivener et j’ai commencé à écrire.
- 22 Novembre au 31 Décembre 2024 -
Entre le 22/11 et le 22/12, j’ai écrit 55 677 mots.
Entre le 23/12 et le 31/12, j’ai écrit 23 953 mots.
Pour un premier jet qui se termine donc à 79 630 mots. En un mois et neuf jours, c’est un record. (rien qu’en notant ces nombres ici, je me rends compte du truc. C’est toujours aussi fou, quasiment un an plus tard !)
La musique dans les oreilles toute la journée, les yeux rivés sur mes pages, les mots sont sortis sans s’arrêter, jusqu’au premier point final.
Vécu comme une véritable course, j’ai adoré ce mois entier consacré à l’écriture. J’écrivais enfin les mots, les doutes, les questionnements qui m’ont habité pendant des années. J’écrivais enfin cette histoire. J’ai enfin satisfait la Pauline du passé et ça, ça n’a pas de prix. J’ai réalisé un rêve et ce point final là, je m’en rappellerai toujours.
- Janvier & Février 2025 -
M-3 pour le concours, le chrono tourne mais le premier jet est enfin terminé. Les phases inconnues s’alignent devant moi à savoir : la relecture et la réécriture.
Je me répète souvent que Seule la lumière est le roman des premières fois :
Premier jet 0
Premier “premier jet” écrit en 1 mois
Premier roman relu en entier (désolée La Sulka mais c’est pas pour tout de suite)
Premier roman réécrit
Premier roman soumis à un concours
Premier roman relu une deuxième fois en entier (ça, on en parlera dans la prochaine newsletter)
Je me suis donc lancée dans la relecture avec entrain. Et naïveté sûrement.
Du plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais aimé relire quoi que ce soit. Je ne relis jamais les messages que j’envoie, j’ai beaucoup de mal à relire mes mails, je n’ai jamais (ou presque) relu mes copies lors des devoirs surveillés à l’école, collège, lycée et même en prépa (oui, relire plus de 6p de dissert après 6h le cul vissé sur une chaise, ça a été l’enfer et c’est bien pour ça que je ne relis plus jamais rien). Autant dire que je ne suis pas partie avec des atouts entre les mains mais la relecture devait être faite pour avancer dans le processus de SLL. Je me suis motivée et j’ai fait ma drama queen. J’ai sûrement dû chouiner mais je suis arrivée au bout du texte.
J’aime pas la relecture.
Cette phrase, si anodine, je me la suis répétée tous les fucking jours. Au lieu de relire mon texte les deux premières semaines de janvier, comme prévu dans mon super emploi du temps, j’ai mis …🥁 roulement de tambour 🥁… 2 mois. OUCH.
J’ai pris mon mal en impatience. J’ai une nouvelle fois accumulé les notes, les phases de brainstorming, j’ai tenté de colmater les fuites, de combler les manques. Mes premières BL ont certainement dû fort juger les paragraphes entiers trop mystérieux où l’absence de contexte a fini par donner un texte à trous (ça aussi on en reparlera dans la prochaine newsletter). J’ai repensé mes personnages secondaires, leurs relations avec Luz. J’ai repris des notes. Le chronomètre n’a pas arrêté de tourner quand j’étais en train de maudire mon incapacité à relire sans soupirer.
- 1er au 16 mars 2025 -
La première réécriture a été d’une rapidité inhumaine. Pendant deux semaines non stop, j’ai ouvert mon document, intégré les remarques de mes BL. J’ai sauvé les meubles.
En deux semaines, je n’allais clairement pas pouvoir améliorer le fond de mon texte mais uniquement sa forme. Adieu les tournures lyriques, trop floues, trop dramatiques. On se concentre sur l’essentiel : comprendre ce qu’il se passe au début du roman. C’était en vrai plus une relecture avec modifications qu’une réelle réécriture.
Pourtant, même si le temps m’étais compté, je ne me souviens pas avoir subi cette dernière étape. J’avais foi en ce que j’avais écrit même si certains commentaires m’ont serré la poitrine. Le texte était loin d’être complet, encore moins compréhensible mais il était là et c’est lui que j’allais envoyé au concours. Tant pis si j’avais pas mes chances, au moins, je l’ai fait pour moi. Mais de ça, on aura tout le loisir d’en reparler la semaine prochaine.
C’est peut-être ce qui explique pourquoi cette vraie réécriture me fout autant de pression. Le texte va prendre une autre dimension, de ça je suis certaine. Mais purée ce que ça me fait peur.
- Le 16 mars 2025 -
Le temps dans un projet est tellement variable. J’ai encore du mal à me dire que j’ai réussi à boucler un roman en entier en seulement 5 mois. C’est toujours aussi dingue dans ma tête, aussi dur à réaliser.
Le 16 mars, je me souviens avoir appuyé sur “soumettre au concours” les doigts tremblants et les larmes aux yeux. J’y suis arrivée. J’ai réussi. J’ai pleuré, un peu. Voilà. Ma première participation à un concours, avec ce texte. Même si ça n’aboutit pas, je suis fière.
Seule la lumière est loin d’être parfait. Oh oui, très très loin même. Mais j’ai réussi à écrire cette histoire sans perdre espoir (la relecture m’a pris des PV quand même) et je suis restée déterminée. Une aventure ce roman, vraiment. Et elle ne s’arrête pas là !
📄 Bilan de la première semaine de réécriture
Le planning que j’ai mis en place le week-end dernier n’a pas tenu plus de quelques jours. Avec la réécriture du premier chapitre, qui m’a pris 5 jours au lieu de 2, j’ai très vite compris, et accepté, que cette réécriture sera celle du temps pris. 2 jours par chapitre, ça m’a semblé idéal dans un premier temps mais la réalité est toute autre.
Si cette réécriture est si déterminante que ça pour la suite du roman, il n’y a aucune pression à se mettre. J’avais prévu de la boucler fin octobre. Si c’est fin décembre, c’est du pareil au même ✨

Avec le travail déjà réalisé sur ce chapitre 1, beaucoup de questions que je me posais pendant les premières phases sont revenues. Quelques doutes aussi sur le rythme même du roman, sur les actions menées et vécues par mes personnages.
Est-ce qu’il se passe suffisamment de choses dans ce roman ?
Avant de poursuivre la réécriture du chapitre 2, je vais devoir revoir la structure de l’histoire. Après discussion avec ma BL Amélie, je vais analyser la structure de mon roman pour y trouver les points de bascules, les scènes où l’avant-après doit être visible. Si je ne parviens pas à les identifier, je vais me pencher sur un bon Brainstorming et les intégrer au récit. J’ai souvent pensé que Seule la lumière manquait de relief, que mon histoire était plate et qu’il y avait peu d’actions. Alors avant de continuer avec ce qui me motive le plus, je vais prendre le temps de la réflexion. Je ne sais pas encore combien de jours ça va me prendre, mais c’est pour le mieux.
Merci d’avoir lu cette lettre jusqu’ici. On se retrouve la semaine prochaine pour une nouvelle lettre dans laquelle je vous parlerai de la période entre la soumission au concours et la deuxième relecture !
Bises - Pauline ✨




J'adore lire les journaux d'écriture, c'est tellement instructif ! Je suis comme toi, je déteste me relire, et ce depuis que je suis petite. Pour palier à ce problème, j'ai trouvé deux solutions : passer par des bêta-lecteurs (dont toi, héhé), et attendre quelques semaines/mois pour me relire et considérer le texte comme un texte écrit par une autre personne. En général, ça fonctionne plutôt bien, même si c'est rarement agréable !
La réécriture est un moment que j’apprécie particulièrement, parce que ça permet de mettre le doigt sur des détails qu’on aurait oublié, des incohérences qu’on avait pas vues, des choses qu’on voulait rajouter … c’est un chouette moment et même si ça prend du temps, ça rend un texte encore plus abouti, plus propre. C’est une belle phase et je suis sûre que tu vas y arriver, même si tu dois prendre plusieurs mois pour le faire 🩷